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Concours
Réussir ses concours : conseils et retour d’expériences.
Témoignages inspirants de professionnels
Bâtonnier
M. Philippe-Henri DUTHEIL
Avocat honoraire – Ancien Bâtonnier du Barreau des HdS – juriste spécialisé dans le droit des associations – Vice-président de la Société des Lecteurs « Le Monde » et membre du Comité d’éthique et de déontologie

Synthèse :
A débuté par un cursus de droit et histoire de l’art et étant en même temps un militant associatif. A eu la l’occasion de débuter sa carrière aux éditions Lamy en tant que secrétaire général de la rédaction.
– Rédaction d’un ouvrage majeur sur le droit des associations pour combler un vide juridique
– Engagement institutionnel : Président de commission au Conseil national de la vie associative, avec un rôle de conseil auprès du gouvernement.
Et c’est à 37 ans que l’avocature a été envisagée, ce qui a été possible via une passerelle (ouverte au doctorat, juriste expérimenté…) pour créer un département spécialisé en cabinet.
La fonction de Bâtonnier :
– Le bâtonnier est élu par ses pairs pour une durée de deux ans.
– Missions clés : Porte-parole de la politique professionnelle, garant de la discipline et médiateur en cas de plaintes.
– Qualités requises : Capacité d’écoute, résistance au stress, leadership et aptitude à l’apaisement.
L’organisation de la profession : le Barreau et l’Ordre
L’exercice du métier d’avocat est strictement réglementé et conditionné par l’inscription à un barreau, rattaché à un tribunal judiciaire. Chaque avocat prête serment de respecter les règles déontologiques de la profession.
L’Ordre des avocats assure la régulation locale de la profession. Il est dirigé par un bâtonnier, élu par ses confrères pour un mandat de deux ans. Le bâtonnier est assisté par un Conseil de l’Ordre. Ses missions incluent :
– La définition de la politique professionnelle.
– La gestion des litiges et des plaintes entre avocats et clients.
– Le suivi de la formation continue des membres du barreau.
– Le maintien de la discipline et des valeurs professionnelles.
En cas de manquement grave, le bâtonnier peut saisir un conseil régional de discipline. Cette instance juridictionnelle est habilitée à prononcer des sanctions allant du blâme à la radiation à vie.
Le rôle du Bâtonnier :
Le Bâtonnier est le président du Barreau. Élu par ses confrères pour un mandat de deux ans, ses missions sont cruciales : Il traite les plaintes entre les clients et les avocats, veille au respect des valeurs et à la discipline. Il assure également le suivi de la formation des confrères et porte la politique professionnelle du Barreau.
Les qualités pour diriger un Barreau :
Selon l’intervenant, être un bon Bâtonnier demande des compétences humaines exceptionnelles :
– L’écoute et l’apaisement: Face à une profession parfois en souffrance.
– Le leadership: Être un « meneur d’hommes » capable de convaincre.
– La résistance au stress: Savoir gérer les crises et les dossiers disciplinaires.
– La polyvalence: Être capable de passer d’un sujet juridique à une problématique humaine ou politique.
Le conseil à retenir : Ce parcours montre que le militantisme et l’engagement associatif ne sont pas que des activités annexes : ils peuvent devenir le cœur d’une expertise professionnelle et ouvrir les portes d’une carrière d’avocat spécialisé.
Avocat
M. Athanase ESAKI TSHOFU
Avocat au Barreau de Kinshasa/Matete République Démocratique du Congo – Assistant du chef de mission diplomatique de la République Démocratique du Congo auprès de la France, Monaco, Andorre et Unesco – Doctorant en droit

Synthèse :
Parcours scolaire et diplômes
Pourriez-vous nous décrire votre parcours et le sens officiel de votre poste ?
“Mon aventure a commencé sur les bancs de l’Université Protestante de la République Démocratique du Congo, où j’ai obtenu un bac +5 en droit public. J’ai ensuite passé le concours d’accès à la profession d’avocat. Après avoir réussi cette étape, j’ai prêté serment en décembre 2019. Depuis ce jour, je suis officiellement avocat au Barreau de Kinshasa, en République Démocratique du Congo.”
Vous avez prêté serment à Kinshasa, est-il possible pour vous d’exercer également à Paris ?
“Tout dépend des conventions entre les barreaux. Le bureau de Paris et Kinshasa ont une convention commune mais ce n’est pas automatique : il faut effectuer une inscription complémentaire. Cela implique de passer des examens spécifiques et d’obtenir au minimum une moyenne de 10/20. Une fois ces étapes franchies, il est effectivement possible d’exercer au Barreau de Paris.”
Quelles ont été les principales difficultés rencontrées durant vos études ?
“L’adaptation a été le plus grand défi. En faculté de droit, il faut rapidement trouver ses repères. Le cursus ne se limitait pas aux qu’a des cours de droits; nous avions des cours de psychologie ou de logique, ce qui rendait la maîtrise de l’ensemble assez complexe. Mais j’ai choisi de mettre ces difficultés au second plan pour me concentrer sur mon objectif. En travaillant dur, j’ai réussi à les surmonter.”
Comment définiriez-vous les missions de votre profession ?
“Notre rôle est triple : représenter, conseiller et défendre. Nous intervenons dans des domaines variés selon les besoins du client (droit du travail, pénal, etc.). Mon approche est toujours de privilégier une solution à l’amiable. Si, et seulement si, le règlement pacifique est impossible, nous envisagerons alors la voie judiciaire.”
Quels sont, selon vous, les points positifs et négatifs du métier ?
Le négatif : “Il ne faut pas devenir avocat pour l’argent ou pour le prestige du titre. C’est une mission qui demande du cœur. Il faut accepter de prendre le temps d’apprendre et de développer ses compétences avant de vouloir voler de ses propres ailes.”
Le positif : “C’est un métier d’épanouissement total. Le quotidien est fait de rencontres passionnantes et d’une effervescence intellectuelle permanente.”
Quelles sont les perspectives d’évolution pour un avocat ?
“C’est une profession libérale qui offre une liberté immense. On peut évoluer vers la magistrature pour devenir juge, s’engager en politique (ministre, chef d’État) ou devenir chef d’entreprise. Certaines professions sont compatibles avec le métier d’avocat, mais il faut toujours vérifier les règles de déontologie.”
Auriez-vous un conseil pour les futurs avocats ?
“Je ne me considère pas comme une référence absolue, mais j’espère que mon parcours pourra en inspirer certains. Mon souhait est que les jeunes fassent mieux que moi. Le conseil crucial est le suivant : devenez avocat par vocation, et non parce que vos parents le souhaitent. Sans passion, il n’y a pas d’épanouissement et on ne va jamais loin.”
Pour finir, avez-vous une anecdote marquante de vos débuts ?
“Je me souviens d’une affaire en droit du travail alors que j’étais encore stagiaire. Mon maître de stage était en retard et le juge commençait à appeler les affaires pour les plaidoiries. Quand notre dossier a été appelé, j’ai dû prendre mon courage à deux mains : j’ai comparu seul devant le tribunal pour solliciter le renvoi de l’affaire. C’était un moment de stress intense, mais c’est aussi comme cela que l’on forge son expérience !”
Avocat
M. Julien MARTIN
Avocat au Barreau de Strasbourg – Expert auprès du Conseil de l’Europe – Ancien auditeur du Collège des Hautes Etudes de l’Académie Diplomatique

Notaire
souhaitant rester anonyme

Interview écrite :
Officier public et garant de la sécurité juridique, le notaire authentifie les moments clés de la vie des citoyens. Aujourd’hui, nous recevons Maître X, notaire associée, qui a accepté de nous éclairer sur les réalités et les défis de sa fonction.
Pour commencer pourriez-vous me décrire votre parcours scolaire et les diplômes nécessaires pour devenir notaire ?
“Pour être honnête, après mon Bac, je ne savais pas vraiment quoi faire. Je me suis orientée vers le droit, comme beaucoup de jeunes qui cherchent leur voie.
C’est en deuxième année de droit que j’ai eu un véritable déclic grâce à des professeurs passionnants,j’ai découvert le droit des obligations. J’ ai un jour demandé à mon professeur quel métier me permettait d’exploiter le droit des obligations, et c’est ainsi que la voie du notariat s’est imposée à moi.”
Comment avez-vous géré la sélection, que l’on sait très exigeante dans cette filière ?
“Sachant que l’entrée en Master est très sélective, j’ai tout donné dès la troisième année pour obtenir une mention. En quatrième année (Master 1), pour maximiser mes chances, j’ai suivi un double cursus : j’étais à la fois à la faculté et au Centre Supérieur d’Études Notariales (CSEN). Cela n’existe plus aujourd’hui, mais à l’époque, c’était un vrai plus pour intégrer un Master 2. Grâce à cela, j’ai été admise pour mon Master 2 de droit notarial.”
Avez-vous fait face à des difficultés au cours de votre parcours scolaire ?
“Je suis sortie de Master 2 en pleine crise économique (2007-2008). Malgré mon diplôme, il était impossible de trouver une étude pour mon alternance en DSN (Diplôme Supérieur de Notariat).
Au lieu de baisser les bras, j’ai décidé de compléter ma formation par un deuxième Master 2 en Droit de la Construction et de l’Urbanisme. Ce fut une expérience très riche car j’y ai côtoyé des avocats et des professionnels. C’est finalement grâce à ce second Master que j’ai trouvé mon étude. J’ai proposé à une notaire de me prendre d’abord en stage d’été pour « faire mes preuves ». Elle a accepté et elle a finalement validé mon contrat d’alternance pour mon DSN.”
Comment se déroule concrètement la formation une fois le Master en poche ?
“À l’époque, le Master 2 était le « ticket d’entrée » pour s’inscrire au DSN. La formation dure deux ans et repose sur l’alternance : on travaille quatre jours par semaine en étude et on passe une journée en cours à l’école des notaires. Le cursus est découpé en modules de six mois, chacun validé par un examen écrit et un oral. À la fin de ces deux années, on obtient son diplôme définitif après la soutenance d’un rapport de stage.”
Est-il difficile de trouver un emploi stable après l’obtention du diplôme ?
“Dans le notariat, si vous faites vos preuves durant vos deux années d’alternance et que vous êtes considéré comme un bon élément, l’étude vous garde généralement en CDI. C’est ce qui m’est arrivé : je suis restée sept ans dans l’étude où j’ai fait mon stage. C’est le cas de la majorité de mes confrères. Si l’embauche ne se fait pas sur place, il faut alors passer par des plateformes classiques comme LinkedIn ou les bourses à l’emploi spécialisées.”
Une fois le diplôme validé qu’est ce qui se passe concrètement ?
“Il y a une différence fondamentale avec les avocats. Contrairement à eux, obtenir le diplôme de notaire ne suffit pas pour exercer pleinement. Pendant longtemps, on restait « notaire assistant ». Concrètement, on a le diplôme, mais on travaille comme un clerc de notaire : on n’a pas le droit de recevoir des actes ni de les signer.
C’était un système très fermé, où il était difficile de réussir si l’on n’avait pas déjà un pied dans le milieu ou une famille dans le notariat. Heureusement, les choses ont évolué avec la « loi Macron » (quand il était ministre de l’Économie). Il a trouvé aberrant que des diplômés ne puissent pas être considérés comme des notaires à part entière. Avant cela, pour quelqu’un comme moi qui venait d’un milieu extérieur, le chemin pour devenir notaire titulaire était extrêmement complexe.”
En quoi consiste votre travail au quotidien ?
“Le notariat est une profession nommée par le Garde des Sceaux (le ministre de la Justice). Nous avons un monopole sur certaines matières : par exemple, vous ne pouvez pas passer par un avocat pour acheter un bien immobilier, vous devez obligatoirement voir un notaire pour obtenir un acte authentique.
Il existe deux types de pratiques :
- Les spécialistes : Certains notaires ne traitent que de « gros dossiers », comme des ventes complexes dans le quartier de la Défense ou des cessions d’entreprises internationales.
- Le notaire de proximité (mon cas) : Je me définis comme un « médecin généraliste du droit ». Dans ma commune, j’accompagne les citoyens dans tous les moments importants de leur vie, qu’ils soient joyeux ou difficiles.
Quels sont ces moments clés où vous intervenez ?
- L’immobilier : Pour l’achat de votre premier appartement ou de votre maison.
- La famille : Pour la rédaction d’un contrat de mariage.
- Les successions : Lorsqu’un décès survient, le notaire est indispensable pour régler la succession et faire le lien avec les administrations.
- Le conseil aux entreprises : J’accompagne aussi les gérants de société.
C’est un métier de contact humain. On intervient quand les gens construisent leur vie (mariage, achat), mais aussi quand ils traversent des épreuves (perte d’un proche). Dans tous les cas, le document du notaire est celui que l’administration exige pour valider ces étapes.
Quels sont les aspects positifs et négatifs de votre métier ?
- Le positif : C’est un métier d’une humanité incroyable. Si vous aimez les gens et que vous avez de l’empathie, c’est très gratifiant. On a le pouvoir de conseiller et d’aider des profils très variés, des plus aisés aux plus modestes. J’aime briser cette image historique du notaire rigide ou inaccessible ; je me sens vraiment utile quand j’accompagne une personne qui a besoin de repères juridiques.
- Le négatif : Ce monopole que nous avons sur les actes a un prix : une responsabilité énorme. Chaque fois que je signe un acte authentique, j’engage ma responsabilité personnelle. Si un client estime avoir été mal conseillé, il peut porter plainte auprès de la Chambre des Notaires. Nous avons une assurance collective, mais dans certains cas, si l’erreur est grave, c’est notre patrimoine personnel qui peut être impacté. C’est le « tribut » à payer pour notre statut privilégié.
Vous êtes « Notaire Associée », quelle est la différence avec un notaire exerçant seul ?
“Un notaire seul gère son office et signe ses actes de manière isolée. Dans mon cas, nous sommes quatre associés. Cela présente un avantage majeur : la complémentarité. Une de mes associées est experte en droit de la famille, une autre en droit des sociétés, et moi je me concentre davantage sur l’immobilier. Nous mutualisons nos compétences et, face à la lourdeur des responsabilités que j’évoquais, on se sent bien moins seul et plus à l’aise pour exercer.”
Quel regard portez-vous sur l’évolution de la profession et quel conseil donneriez-vous ?
“Le métier a radicalement changé. L’image du notaire assis dans son bureau qui attend que son équipe lui apporte des dossiers tout prêts, c’est fini. Aujourd’hui, c’est un métier qui demande un engagement personnel total. Le droit change tout le temps : nous avons d’ailleurs une obligation de formation de 30 heures par an pour rester à jour.
Mon conseil est simple : soyez prêts à travailler dur et à faire des recherches constantes. On n’a pas la science infuse. Si vous aimez beaucoup le droit, alors foncez, car nous manquons de profils universitaires solides.”
Justement, vous faites une distinction entre les profils universitaires et les BTS ?
“Oui, c’est important. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes passent par un BTS Notariat. C’est un profil très utile pour la gestion administrative des dossiers. Mais pour les questions juridiques pures et complexes, nous recherchons avant tout des profils universitaires (Fac de Droit), car le bagage théorique est plus profond. Si vous voulez être au cœur de la stratégie juridique, la voie de l’université reste la meilleure.”
Le secteur est-il compétitif ou difficile d’accès actuellement ?
“Le marché de l’immobilier connaît une période de creux avec la hausse des taux, mais je ne suis pas inquiète pour les jeunes diplômés. Pourquoi ? Parce que la profession se renouvelle massivement. D’ici 2030 ou 2040, près de la moitié des notaires actuels seront à la retraite. Il y aura donc énormément de places à prendre.”Officier public et garant de la sécurité juridique, le notaire authentifie les moments clés de la vie des citoyens. Aujourd’hui, nous recevons Maître X, notaire associée, qui a accepté de nous éclairer sur les réalités et les défis de sa fonction.
Synthèse :
Parcours universitaire et formation
- C’est en deuxième année de droit, grâce au droit des obligations, que Maître X s’oriente vers le notariat.
- Pour contrer la sélectivité, elle obtient une mention en troisième année. En Master 1, elle suit un double cursus à la faculté et au Centre Supérieur d’Études Notariales (CSEN), structure qui n’existe plus aujourd’hui mais qui lui a permis d’intégrer le Master 2 de droit notarial.
- Sortie de Master 2 en pleine crise économique (2007-2008), elle ne trouve pas d’étude pour son alternance en Diplôme Supérieur de Notariat (DSN). Elle complète alors son parcours par un second Master 2 en Droit de la Construction et de l’Urbanisme. C’est grâce à ce dernier qu’elle décroche un stage d’été, transformé ensuite en contrat d’alternance.
- Accessible après le Master 2, la formation durait deux ans en alternance (4 jours en étude, 1 jour en cours à l’école des notaires). Elle était découpée en modules semestriels validés par des examens écrits et oraux, et s’achevait par la soutenance d’un rapport de stage.
L’accès à la profession et l’impact de la loi Macron
- Insertion professionnelle : Si l’alternant fait ses preuves, l’étude le garde généralement en CDI (ce fut son cas pendant sept ans). À défaut, le recrutement passe par LinkedIn ou des bourses à l’emploi spécialisées.
- Évolution du statut : Avant la « loi Macron » (portée par Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’Économie), l’obtention du diplôme ne permettait pas d’exercer pleinement. Les diplômés restaient longtemps « notaires assistants » avec des tâches de clerc, sans le droit de recevoir ni de signer des actes. Le système était fermé et complexe pour les personnes issues d’un milieu extérieur au notariat. La loi a permis aux diplômés d’être considérés comme des notaires à part entière.
Réalités et quotidien du métier
- Statut et monopole : Profession nommée par le Garde des Sceaux, le notariat dispose d’un monopole sur certaines matières (comme l’immobilier) pour l’établissement des actes authentiques.
- Types d’exercice : Il existe des notaires spécialistes (gros dossiers complexes, cessions internationales) et des notaires de proximité. Maître X s’assimile à un « médecin généraliste du droit » intervenant dans sa commune lors des moments clés de la vie : immobilier (achats), famille (contrats de mariage), successions (règlement des décès, liens administratifs) et conseil aux entreprises.
- Avantages et inconvénients :
- Positif : Un métier de contact humain, d’empathie et d’aide auprès de profils variés.
- Négatif : Une responsabilité personnelle énorme lors de la signature de chaque acte authentique. En cas de faute grave ou de plainte à la Chambre des Notaires, le patrimoine personnel du notaire peut être impacté au-delà de l’assurance collective.
- L’exercice en association : Maître X exerce avec trois autres associées. Ce mode d’exercice permet de mutualiser les compétences (immobilier, famille, sociétés) et de rompre l’isolement face aux responsabilités.
Évolution du secteur et conseils aux étudiants
- Exigences actuelles : Le métier demande un engagement total. En raison du changement constant du droit, les notaires ont une obligation de formation de 30 heures par an.
- Profils recherchés : Le secteur manque de profils universitaires solides. Maître X distingue le BTS Notariat (adapté à la gestion administrative) de la Faculté de Droit (recherchée pour les questions juridiques pures et complexes grâce à un bagage théorique plus profond).
Perspectives d’avenir : Malgré un creux sur le marché de l’immobilier lié à la hausse des taux, les perspectives d’emploi sont positives en raison du renouvellement massif de la profession : près de la moitié des notaires actuels partiront à la retraite d’ici 2030 ou 2040
Clerc de Notaire
Mme. Maude LE LABOURE
Clerc de Notaire

Synthèse :
Parcours scolaire et diplômes
Le parcours dépend de l’objectif final, mais des passerelles existent :
– Pour être clerc de notaire : Licence de droit classique ou BTS Notariat suivi d’une Licence Professionnelle. L’alternance est un atout majeur pour découvrir le terrain. Attention : sans Licence Pro après le BTS, l’accès au Master est compromis.
– Pour être notaire : Master de droit (de préférence en Droit Notarial) pour accéder au DSN (Diplôme d’Études Supérieures du Notariat), qui dure deux ans et demi.
Accès au DSN : Les Masters « conventionnés » offrent une place directe. Pour les autres, un concours national (examen d’entrée avec dossier et oral) est nécessaire. Maude souligne que c’est un concours sélectif (environ 270 places au niveau national).
Vocation et vision du métier
Sa vocation est née d’une expérience familiale (rachat de terrain par un promoteur). Elle a été marquée par le soutien juridique et émotionnel apporté par le notaire.
– Le rôle de « traducteur » : compare le notaire à un médecin. Il doit traduire des termes juridiques complexes en langage clair pour les clients.
– Qualités requises : Au-delà du droit, le côté humain est primordial. Il faut aimer l’écoute, le contact et l’accompagnement dans les moments clés de la vie.
Le quotidien et les missions (Pôle Immobilier)
Maude travaille principalement sur l’immobilier des particuliers. Le processus d’un dossier se déroule ainsi :
– Ouverture du dossier : Réception des informations (vendeur, acquéreur, prix, agence).
– Ouverture du dossier : Réception des informations (vendeur, acquéreur, prix, agence).
– Rédaction de l’acte : Préparation de la promesse (souvent unilatérale) puis, après levée des conditions suspensives (obtention du prêt), rédaction de l’acte de vente définitif.
– Signature : Moment symbolique de la remise des clés.
Points positifs et négatifs
Points positifs : Richesse intellectuelle (recherches constantes), aspect généraliste (droit de la famille, sociétés, international) et bonnes relations entre confrères.
Points négatifs : Ambivalence du statut (officier public collecteur d’impôts vs chef d’entreprise). Le notaire est très encadré par la loi, ce qui peut freiner le développement commercial.
Évolution du métier : La profession devient plus concurrentielle (Loi Macron et tirage au sort pour les installations), ce qui casse le modèle traditionnel « de père en fils » mais rend l’installation plus complexe sans publicité.
Responsabilité et environnement de travail
Le travail d’équipe est indispensable pour éviter les erreurs. Les collaborateurs s’entraident sur les questions juridiques complexes.
Responsabilité : Très forte. Le notaire engage sa responsabilité disciplinaire et même pénale. Une enquête de moralité est d’ailleurs réalisée avant la nomination.
Conseils aux étudiants et débouchés
Compétences : Il faut de la rigueur et une grande capacité de logique (type démonstration mathématique). Il faut savoir lier les connaissances entre elles (règle générale vs exceptions).Le cursus est un « marathon ». La Licence 2 et le Master 1 sont des caps difficiles demandant une grande régularité de travail. Le diplôme de notaire (DSN) est très reconnu et ouvre des portes en gestion de patrimoine ou en droit fiscal. Le marché est cyclique et dépend de l’immobilier. Son conseil principal : multiplier les stages dès la licence pour rassurer les employeurs.
Responsable de service juridique
Mme. Chloé RACINE
Responsable du service juridique de l’Autorité de la concurrence Nouvelle Calédonie

Interview écrite :
Bonjour Madame RACINE, pouvez-vous pour débuter nous décrire votre parcours académique ?
“Mon parcours a débuté par une licence à l’Université de la Nouvelle-Calédonie, au cours de laquelle j’ai effectué un Erasmus au Luxembourg. C’est là-bas que j’ai découvert le droit européen, une matière qui m’a passionnée. Pour me spécialiser, j’ai quitté la Nouvelle-Calédonie, rejoint un Master 1 en droit européen à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
C’est durant cette année que j’ai suivi un cours de droit de la concurrence avec Madame Prieto. Ce fut une révélation. J’ai donc décidé d’en faire ma spécialité en Master 2 au sein de l’Université Paris-Panthéon-Assas. Enfin, j’ai terminé mon cursus par un Master spécialisé (Bac+6) au Collège d’Europe à Bruges, en Belgique. Ce programme était idéal car il combinait mes deux passions : le droit européen et le droit de la concurrence.”
Concrètement, en quoi consiste votre travail et qu’est-ce que l’Autorité de la concurrence ?
“L’Autorité de la concurrence est une autorité administrative indépendante qui veille au bon fonctionnement du marché. En Nouvelle-Calédonie, elle est organisée de manière à respecter la séparation entre l’instruction (ceux qui enquêtent, comme la police) et le jugement (le Collège qui prend la décision).
Je suis responsable du service juridique, qui fait partie de la formation de « jugement ».
Mon rôle est d’accompagner le Collège dans la prise de décision suite aux rapports d’enquête sur des pratiques anticoncurrentielles. Je rédige les décisions de l’Autorité et je m’occupe également de leur défense devant la Cour d’appel ou la Cour de cassation en rédigeant des conclusions en défense. Je m’occupe également de la défense de nos décisions devant la Cour d’appel ou la Cour de cassation en rédigeant des conclusions en défense. Enfin, comme nous sommes une petite équipe, j’ai aussi une mission de communication, notamment via LinkedIn.”
Quels sont les points positifs et négatifs de cette profession ?
“Le principal inconvénient est que c’est un milieu très « niche ». Le marché du travail est restreint géographiquement : l’essentiel des opportunités se trouve dans les grandes métropoles ou à Bruxelles. De plus, les débouchés en entreprise sont limités aux grands groupes qui possèdent des services juridiques spécialisés.
En revanche, l’avantage majeur est d’être au cœur de la stratégie des entreprises. Que l’on soit avocat ou en autorité, on traite des questions d’intérêt général qui ont un impact concret sur le marché. Par exemple, l’Autorité doit autoriser les ouvertures de magasins ou les opérations de concentration (fusions). On voit l’impact direct de notre travail dans la vie quotidienne des citoyens.”
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants intéressés par ce domaine ?
“La spécialisation est indispensable. Il est nécessaire de suivre un Master en droit des affaires, complété idéalement par une spécialisation en droit de la concurrence. C’est un domaine très technique qui se construit autant par les textes que par la pratique décisionnelle.
Mon second conseil est de cultiver son réseau. Comme c’est un petit milieu, il faut être curieux, participer à des conférences et aller à la rencontre des professionnels dans les cabinets ou les institutions publiques.”
Est-il difficile de trouver un emploi dans ce secteur actuellement ?
“C’est un secteur exigeant. Pour ceux qui veulent devenir avocats, les places sont limitées et les contraintes géographiques fortes. Toutefois, les cabinets sont régulièrement à la recherche de collaborateurs spécialisés.
Du côté du service public, les autorités de la concurrence (nationale ou régionale) proposent des postes d’enquêteurs ou de juristes qui sont tout à fait accessibles aux profils juniors. Il est également possible de s’orienter vers la magistrature spécialisée. Bien que le nombre d’organismes soit limité, ils offrent de réelles opportunités aux diplômés spécialisés.”
Synthèse :
Parcours académique
- Licence : Début du cursus à l’Université de la Nouvelle-Calédonie, incluant un séjour Erasmus au Luxembourg où elle se passionne pour le droit européen.
- Master 1 : Spécialisation en droit européen à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle y découvre le droit de la concurrence.
- Master 2 : Spécialisation en droit de la concurrence à l’Université Paris-Panthéon-Assas.
- Master spécialisé (Bac+6) : Réalisé au Collège d’Europe à Bruges (Belgique), combinant le droit européen et le droit de la concurrence.
Rôle et fonctionnement de l’Autorité de la concurrence
- Statut de l’organisme : L’Autorité de la concurrence est une autorité administrative indépendante chargée de veiller au bon fonctionnement du marché.
- Organisation (Nouvelle-Calédonie) : Elle applique le principe de séparation entre l’instruction (les enquêteurs) et le jugement (le Collège qui décide).
- Missions de Madame Racine : En tant que responsable du service juridique (rattaché à la formation de jugement), elle accompagne le Collège dans ses prises de décisions après la remise des rapports d’enquête sur les pratiques anticoncurrentielles. Ses tâches concrètes comprennent :
- La rédaction des décisions de l’Autorité.
- La défense des décisions de l’institution devant la Cour d’appel ou la Cour de cassation par la rédaction de conclusions en défense.
- Des missions de communication (notamment sur LinkedIn) en raison de la taille réduite de l’équipe.
Réalités de la profession : Avantages et inconvénients
- Points négatifs : C’est un secteur très « niche » avec un marché du travail géographiquement restreint (concentré dans les grandes métropoles ou à Bruxelles). En entreprise, les débouchés se limitent aux grands groupes dotés de services juridiques spécialisés.
- Points positifs : Le métier place le professionnel au cœur de la stratégie des entreprises. Que l’on exerce comme avocat ou au sein d’une autorité, les dossiers traitent de questions d’intérêt général ayant un impact direct sur le marché et le quotidien des citoyens (ex : autorisations d’ouvertures de magasins ou opérations de fusions/concentrations).
Marché de l’emploi et conseils aux étudiants
- État du marché : C’est un domaine exigeant. Pour les avocats, les places sont limitées et les contraintes géographiques sont fortes, mais les cabinets cherchent régulièrement des collaborateurs spécialisés. Côté service public, les autorités de la concurrence (nationales ou régionales) proposent des postes d’enquêteurs ou de juristes accessibles aux profils juniors. La magistrature spécialisée constitue une autre voie possible.
- Conseils de spécialisation : Il est indispensable d’obtenir un Master en droit des affaires complété par une spécialisation en droit de la concurrence. C’est une matière très technique qui s’appuie à la fois sur les textes et sur la pratique décisionnelle.
Conseil de réseau : Le milieu étant restreint, il est conseillé de développer son réseau professionnel en participant à des conférences et en allant à la rencontre des professionnels en cabinets ou en institutions publiques.
Journaliste legal checker
M. Guillaume BATICLE
Doctorant en droit public – Journaliste legal checker – Chargé de cours de droit constitutionnel

Synthèse :
–
Magistrate
souhaitant rester anonyme

Interview écrite :
Gardien des libertés individuelles et arbitre des conflits de notre société, le magistrat incarne une autorité aussi indispensable que complexe. Aujourd’hui, nous recevons Madame X, magistrate (souhaitant rester anonyme) qui a accepté de nous éclairer sur les réalités de sa fonction.
Bonjour Madame, merci d’avoir accepté cette interview. Pouvez vous commencer par nous éclairer sur votre parcours, qui vous a permis de devenir magistrate ?
“Mon parcours vers la magistrature n’a pas été une ligne droite, et c’est précisément ce qui en a fait la force. J’ai débuté par un double cursus en droits français entre Assas et à l’étranger, avant de me spécialiser via deux Master : l’un en droit européen des affaires à Dauphine et l’autre en recherche en droit du travail à la Sorbonne.
J’ai d’abord exercé comme avocate au Barreau de Madrid, un choix stratégique qui m’a permis d’entrer plus rapidement dans la vie active tout en m’offrant une expérience de terrain précieuse.
Si beaucoup de mes confrères ont suivi une voie « franco-française » axée sur la procédure civile ou pénale, mon profil atypique n’a jamais été un frein, bien au contraire. Cette richesse de savoirs me permet aujourd’hui d’envisager des postes variés au sein de l’institution.”
A noter qu’il faut donc maîtriser les fondamentaux en droit français mais n’ayez pas peur de sortir des sentiers battus, ce sont vos particularités qui feront la différence.
Pourquoi choisir cette profession ?
“La magistrature n’a pas été une vocation d’enfance; j’ai découvert ce métier sur le tard, au fil de discussions avec des amis, car je n’étais pas forcément renseignée sur ce milieu. J’ai réalisé alors que c’est une profession accessible directement après l’École nationale de la magistrature (ENM), et bien plus ouverte à la diversité sociale que je ne l’imaginais, à condition de cultiver une solide culture générale.”
Pouvez-vous nous expliquer comment se passe le passage à ENM ?
“Une fois le concours réussi, on entre dans une phase sécurisante : 31 mois de formation à l’ENM, durant lesquels nous sommes rémunérés. Si le concours étudiant est accessible jusqu’à 31 ans, sachez qu’il existe aussi des passerelles précieuses : on peut devenir magistrat après une expérience d’avocat ou suite à une thèse.”
A noter : concernant le 2ème et 3ème concours, ils s’adressent à ceux qui ont déjà une expérience de vie. Le 3ème concours, par exemple, permet à des professionnels (juristes, salariés du privé) ayant au moins 8 ans d’expérience de rejoindre la magistrature.
Concours complémentaire : Après une analyse de dossier par une commission de la Cour d’Appel, un avocat peut intégrer la magistrature fort de leur expertise passée.
“Cependant, il faut être lucide sur la réalité de la préparation. C’est un marathon qui demande souvent une année entière dédiée aux révisions, avec un programme très dense. La majorité des candidats passent par une prépa privée, ce qui représente un budget à anticiper.
Si vous ne pouvez pas vous consacrer exclusivement à vos révisions, l’idéal est de trouver un poste d’attaché de justice deux jours par semaine : cela permet de garder un pied dans la réalité judiciaire tout en finançant votre préparation. »
Pouvez-vous nous présenter la profession de magistrat ?
“Ce qui est fascinant dans la magistrature, c’est qu’on n’exerce pas « un » métier, mais une multitude. À la sortie de l’école, la formation est la même pour tous, ce qui nous permet de passer du siège au parquet tout au long de notre carrière.
On peut donc être procureur (Le Parquet) : C’est l’homme ou la femme de terrain. On dirige l’enquête avec les policiers, mais aussi avec l’aide des gendarmes, on gère les gardes à vue lors des permanences téléphoniques et on décide de l’orientation pénale (classement sans suite, renvoi aux assises, etc.). À l’audience, nous représentons la société pour soutenir l’accusation.
Mais également être juge (Le Siège) : Son rôle est de trancher. Que ce soit au pénal (correctionnel), au civil (divorce, garde d’enfants) ou chez le juge des enfants (protection des mineurs), le spectre d’activités est immense.
Une fois le concours réussi, vous devenez fonctionnaire d’État, donc plus besoin de trouver un job ou de monter sa clientèle comme un avocat. C’est un emploi garanti à vie. Pas de risque de chômage.
À l’issue des 31 mois à l’ENM, un classement est établi. Le premier de la liste choisit son poste parmi la liste proposée, et ainsi de suite.
En tant que magistrat, vous êtes inamovible (on ne peut pas vous déplacer sans votre accord). Cependant, bouger permet de grimper dans le classement interne et d’augmenter son salaire.
Un début de carrière on peut gagner plus de 3000 euros net par mois. Ce salaire évolue chaque année selon une grille fixe, complétée par des primes.
C’est un aspect souvent méconnu, mais nous bénéficions de 9 semaines de vacances par an. Un avantage précieux pour compenser l’intensité intellectuelle et émotionnelle de nos dossiers.
Par ailleurs au sein de la magistrature il y a une possibilité de détachement, par exemple en vous pouvez devenir sous-préfet, diriger une prison, ou prendre la tête de foyers éducatifs.
Pour les profils internationaux, il existe aussi des postes de magistrat de liaison : en poste dans une ambassade à l’étranger, vous faites le pont entre deux pays. C’est un mélange passionnant de droit et de diplomatie.”
Justement quels sont les points négatifs à prendre en compte avant de se lancer dans la magistrature ?
“On ne peut pas parler de la magistrature sans évoquer l’envers du décor. Le principal point noir réside dans le décalage entre nos missions et les moyens alloués. Nous faisons face à un manque d’effectifs chronique : des audiences surchargées, manque de temps pour traiter tous les dossiers et pression au regard de la responsabilité de chaque décision.
Une réalité qui a d’ailleurs été mise en lumière par la célèbre « Tribune des 3000 » publiée il y a quelques années par de magistrats.
Cette tribune a notamment permis de faire entendre notre voix : de nouveaux moyens sont progressivement débloqués, avec en particulier une forte hausse du nombre de places au concours pour renforcer les effectifs de magistrats. C’est le moment idéal pour candidater ! «
Un conseil pour les étudiants ?
“Si j’avais un message à vous transmettre, c’est celui-ci : ne vous censurez pas. La magistrature impressionne, elle peut faire peur et paraître inaccessible, mais c’est un mythe qu’il faut briser.
On pense souvent, à tort, qu’il faut être issu d’un certain milieu pour réussir. C’est faux. L’institution a besoin de profils diversifiés qui reflètent la société qu’ils jugent.
Vous n’avez pas besoin d’avoir eu 18/20 durant toute votre licence pour réussir. Le concours est une épreuve spécifique : si vous bossez sérieusement et avec méthode, c’est tout à fait envisageable.
Et si vous craignez de manquer de culture générale ou de méthodologie, n’hésitez pas à intégrer une prépa. C’est un investissement qui aide énormément à structurer la pensée et à prendre confiance. »
Synthèse :
Parcours et Accès à la Magistrature
- Parcours atypique : Double cursus en droits , deux Masters (Dauphine/Sorbonne) et une première expérience d’avocate à Madrid. Ce profil international est un atout pour l’institution.
- Voies d’accès : 1er concours étudiant (jusqu’à 31 ans) et diverses passerelles : doctorat, expérience d’avocat (concours complémentaire via la Cour d’Appel), ou 2ème et 3ème concours (minimum 8 ans d’expérience dans le privé pour ce dernier).
- Préparation : Un marathon d’un an au programme dense. Majoritairement préparé via des prépas privées. Cumuler ses révisions avec un poste d’attaché de justice (2 jours/semaine) permet de financer sa formation et de garder un pied sur le terrain.
Statut, Carrière et Fonctions
- Statut et avantages : Fonctionnaire d’État, emploi garanti à vie, inamovibilité, formation rémunérée de 31 mois à l’ENM. Rémunération de début de carrière supérieure à 3 000 € net/mois (évoluant selon une grille fixe et des primes) et 9 semaines de vacances par an.
- Mobilité et affectation : Choix des postes selon le classement de sortie de l’ENM. Changer de poste permet d’augmenter son salaire. Possibilité de passer du Siège au Parquet, de demander un détachement (sous-préfet, direction de prison/foyer) ou de devenir magistrat de liaison en ambassade.
- Le Parquet (Procureur) : Dirige les enquêtes (avec policiers et gendarmes), gère les gardes à vue et soutient l’accusation à l’audience.
- Le Siège (Juge) : Tranche les litiges au pénal, au civil ou en matière de protection des mineurs (juge des enfants).
Réalités du terrain et Conseils
- Points négatifs : Manque d’effectifs chronique, audiences surchargées, manque de temps et forte pression liée à la responsabilité des décisions.
- Évolution : Portée par la « Tribune des 3000 », l’institution débloque progressivement des moyens et augmente fortement les places aux concours. C’est le moment idéal pour candidater.
Conseils : Refuser l’autocensure. Le concours ne requiert pas 18/20 en licence ni un milieu social spécifique, mais de la méthode et du travail. Une prépa est conseillée pour acquérir la méthodologie et la culture générale nécessaires.
Commissaire de justice
M. Mathieu PIERSON
Commissaire de justice (huissier de justice)

Synthèse :
Le terme « Commissaire de justice » est désormais le nom officiel de la profession regroupant les anciens huissiers de justice et commissaires-priseurs judiciaires.
Parcours et cheminement vers la profession :
A connu la profession de par son entourage familial mais a d’abord cherché sa propre voie dans un autre secteur, le droit des affaires.
C’est après un stage en cabinet d’avocats qu’il réalise que le travail de bureau sédentaire ne lui correspond pas. Et s’est donc redirigé vers le droit procédural et l’étude des juridictions pour passer l’examen d’entrée de la profession.
Qu’est-ce qu’un commissaire de justice (huissier de justice) :
Contrairement à d’autres professions juridiques, le commissaire de justice travaille majoritairement en extérieur, alliant droit et mobilité.
Exécution des décisions : Sa mission principale est de faire appliquer les décisions de justice (expatriation, saisies de comptes, de véhicules ou de biens immobiliers) en l’absence d’exécution volontaire.
L’administration de la preuve : Le constat est l’outil central pour prouver un fait devant un tribunal (états des lieux, chantiers, etc.).
La profession s’adapte aux enjeux modernes, notamment avec les constats de harcèlement en entreprise. Le commissaire peut recueillir des témoignages anonymisés pour protéger les témoins tout en garantissant l’authenticité de l’information auprès du magistrat.
Qualités essentielles à la profession :
– Au-delà du droit, le métier demande une fibre entrepreneuriale pour recruter, gérer des collaborateurs et développer une clientèle.
– Un rôle de conseil et de suivi auprès des différents acteurs du dossier.
Le point conseil :
– Importance des stages : Commencer tôt et diversifier les expériences (pas seulement en étude de commissaire) pour acquérir une vision globale du droit.
– Capacité d’adaptation : Le métier évolue constamment, notamment avec l’arrivée du numérique et de l’intelligence artificielle.
Le secteur est dynamique et recrute activement des étudiants diplômés, la profession c’est également féminiser ces dernières années.
Greffier
M. Paul MORRIS
Greffier, doctorant en droit privé et sciences criminelles – Chargé de TD au sein de l’Université d’Amiens, Rédacteur juridique

Synthèse :
Début de parcours avec une voie agricole avant une réorientation vers le droit. Donc reprise d’études par un chemin détourné plutôt que par le cursus universitaire traditionnel immédiat.
Niveau actuel : Titulaire d’un doctorat, enseignant à l’université et codirecteur d’une revue juridique.
Missions : Le métier de Greffier inclut la prise de notes (assistance à l’audience), le travail administratif, la vérification de la procédure et des missions annexes.
Travail quotidien avec les magistrats et avocats, mais aussi avec des experts judiciaires et des officiers de police.
Conditions de travail et horaires :
Variabilité : La charge de travail et l’organisation dépendent fortement de la juridiction d’affectation et de la nature du poste.
Cadre horaire : Bien que soumis aux aléas des audiences, il est possible d’avoir des horaires réguliers (exemple cité : 8h30 – 16h45).
Organisation : Le travail est relativement bien défini, sous réserve des imprévus liées à l’activité judiciaire.
Évolution et reconversion professionnelle :
Passerelles internes : Possibilité d’évoluer vers les grades de greffier principal ou de greffier en chef (cadre).
Concours spécifiques : Facilités pour passer d’autres concours de la fonction publique (Magistrature avec des épreuves en moins, IRA, DGCCRF, DGFiP).
Secteur privé : Possibilité de quitter la fonction publique pour le privé après avoir effectué les années dues à l’État.
Accès au métier et formation :
Après l’obtention du concours, intégration d’une école de formation en alternance.
Le ministère de la Justice assure les lieux de stage aux étudiants, avec possibilité de formuler des vœux géographiques.
Le secteur recrute régulièrement (concours annuels).
Points de vigilance et conseils :
Part d’aléa: Le premier poste est souvent imposé en fonction du classement au concours (le premier choisit, le dernier prend ce qu’il reste).
Mobilité : Nécessité d’être prêt à se déplacer géographiquement.
Affectation : Choisir un lieu ne garantit pas le service (on peut être affecté aux archives comme à l’instruction).
Diplomatie
M. Athanase ESAKI TSHOFU
Avocat au Barreau de Kinshasa/Matete République Démocratique du Congo – Assistant du chef de mission diplomatique de la République Démocratique du Congo auprès de la France, Monaco, Andorre et Unesco – Doctorant en droit

Interview écrite :
Bonjour Monsieur ESAKI TSHOFU, en premier lieu nous aimerions savoir comment êtes-vous passé de la profession d’avocat à celle d’assistant du chef de mission diplomatique ?
“Cette opportunité est née d’une rencontre et de la confiance accordée par Son Excellence l’Ambassadeur de la République Démocratique du Congo. Il n’est pas seulement l’ambassadeur de la République Démocratique du Congo en France, mais il est aussi accrédité auprès de la Principauté de Monaco, d’Andorre, et officie comme délégué permanent auprès de l’UNESCO. J’exerce cette fonction d’assistant en parallèle de ma profession d’avocat.”
Quelles sont vos missions quotidiennes en tant qu’assistant du chef de mission diplomatique ?
“Mon rôle est d’accompagner l’ambassadeur au quotidien dans toutes ses missions :
- Je participe à ses audiences et à ses nombreux déplacements officiels.
- Je m’occupe de la gestion quotidienne de son agenda et de ses dossiers, qu’ils soient d’ordre professionnel ou plus personnel, pour assurer la fluidité de son emploi du temps.
C’est une profession avec une charge de travail intense, exigeant de nombreuses heures de présence, mais c’est aussi un domaine extrêmement épanouissant.”
Quelles études recommanderiez-vous pour intégrer ce milieu ?
“Il n’y a pas qu’une seule voie. Les parcours les plus classiques sont les Relations internationales, la Géopolitique et le Droit. Cependant, la diplomatie s’ouvre à d’autres profils : l’ambassadeur lui-même est un économiste et professeur d’économie.
Le plus important est de se démarquer sur un marché de l’emploi très compétitif. Pour cela, il faut travailler plus que les autres, mais aussi multiplier les stages. Dans les organisations internationales (ONU, ambassades), on demande souvent 5 à 15 ans d’expérience. Pour un étudiant, le seul moyen de construire cette expérience est d’intégrer des organismes spécifiques dès le cursus universitaire.”
Quelles sont les difficultés et les responsabilités liées à la diplomatie ?
“La principale difficulté réside dans la maîtrise de la parole. En diplomatie, on ne peut pas tout dire. Il faut constamment mesurer la portée de ses propos, car une parole exprimée à titre personnel peut engager la responsabilité de tout un État.
C’est une profession qui demande une grande capacité d’abstraction et de discrétion. Les perspectives de reconversion sont vastes : un diplomate peut devenir chef d’entreprise, ministre ou s’orienter vers l’enseignement.”
Auriez-vous une expérience ou une anecdote marquante à partager ?
“L’un de mes plus grands honneurs a été de prendre la parole au nom de la diaspora congolaise lors de la visite officielle du Président de la République (RDC) à Paris en avril 2024. S’exprimer devant le Chef de l’État sur les souffrances et les défis de notre pays a été un moment d’une immense responsabilité.
J’ai également été marqué par ma participation au Sommet de la Francophonie. Rencontrer des dirigeants de près permet de réaliser qu’au-delà de leurs fonctions, ce sont des êtres humains accessibles qui cherchent à comprendre les attentes de leurs populations.”
Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles d’un bon diplomate ?
“D’après mon observation auprès de diplomates expérimentés, trois qualités sortent du lot :
- La discrétion : Indispensable pour gérer des informations sensibles.
- Le calme : Pour analyser les situations sans précipitation.
- L’attention : Une capacité d’écoute et d’observation constante.
C’est un domaine très exigeant qui demande une véritable mise en musique de ces qualités pour réussir une carrière sur le long terme.”
Synthèse :
Transition professionnelle et cadre d’exercice
- Origine de l’opportunité : Sa fonction est née d’une rencontre et de la confiance accordée par l’Ambassadeur de la République Démocratique du Congo (RDC).
- Périmètre de la mission : L’Ambassadeur auprès duquel il travaille est en poste en France, mais il est également accrédité auprès de la Principauté de Monaco, d’Andorre, et officie comme délégué permanent auprès de l’UNESCO.
- Cumul d’activité : Monsieur Esaki Tshofu exerce cette fonction d’assistant en parallèle de sa profession d’avocat.
Missions quotidiennes et réalités du poste
- Accompagnement de l’ambassadeur : Il l’assiste au quotidien dans l’ensemble de ses missions en participant à ses audiences ainsi qu’à ses nombreux déplacements officiels.
- Gestion logistique : Il gère au jour le jour l’agenda et les dossiers professionnels et personnels de l’ambassadeur afin d’assurer la fluidité de son emploi du temps.
- Charge de travail : Le métier se caractérise par une charge de travail intense qui exige de nombreuses heures de présence, tout en étant décrit comme un domaine extrêmement épanouissant.
Études recommandées et accès au milieu
- Formations classiques : Les parcours les plus habituels sont les Relations internationales, la Géopolitique et le Droit.
- Ouverture des profils : La diplomatie s’ouvre à d’autres disciplines ; l’ambassadeur lui-même est économiste et professeur d’économie.
- Insertion sur le marché de l’emploi : Face à un marché très compétitif, il est conseillé de travailler plus que les autres et de multiplier les stages. Les organisations internationales (ONU, ambassades) exigeant souvent entre 5 et 15 ans d’expérience, le seul moyen pour un étudiant de la construire est d’intégrer des organismes spécifiques dès son cursus universitaire.
Difficultés, responsabilités et qualités requises
- La maîtrise de la parole : C’est la principale difficulté du milieu. Il faut mesurer constamment la portée de ses propos, car une parole exprimée à titre personnel peut engager la responsabilité de tout un État. La profession requiert ainsi une grande capacité d’abstraction et de discrétion.
- Qualités essentielles : Trois qualités majeures se dégagent pour réussir une carrière à long terme :
- La discrétion : Pour gérer les informations sensibles.
- Le calme : Pour analyser les situations sans précipitation.
- L’attention : Pour maintenir une capacité d’écoute et d’observation constante.
- Perspectives de reconversion : Elles sont vastes, un diplomate pouvant par la suite devenir chef d’entreprise, ministre ou s’orienter vers l’enseignement.
Expériences marquantes et anecdotes
- Prise de parole officielle : Il a pris la parole au nom de la diaspora congolaise lors de la visite officielle du Président de la RDC à Paris en avril 2024, pour s’exprimer devant le Chef de l’État sur les défis et les souffrances de son pays.
Sommet de la Francophonie : Sa participation à ce sommet lui a permis de côtoyer de près des dirigeants et de réaliser que, derrière leurs fonctions, ce sont des êtres humains accessibles qui cherchent à comprendre les attentes de leurs populations.
Inspecteur DGCCRF
M. Simon COUTURIER
Inspecteur DGCCRF – Chargé de travaux dirigés en droit privé

Interview écrite :
Bonjour Monsieur COUTURIER, vous êtes inspecteur au sein de la DGCCRF est ce que vous pouvez vous présenter et nous expliquer ce qu’est la DGCCRF s’il vous plaît ?
“Bonjour je me présente Simon COUTURIER, inspecteur de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) et chargé de travaux dirigés en droit privé.
La DGCCRF est une direction rattachée à Bercy, c’est-à-dire au ministère de l’Économie. Ses missions principales sont la protection des entreprises et des consommateurs, ainsi que le maintien d’une loyauté entre les consommateurs et les professionnels. La DGCCRF travaille sur tous les secteurs d’activités, comme l’hôtellerie ou le textile par exemple.”
À quel niveau intervenez-vous et quel est votre rôle au quotidien ?
“Il faut savoir que les interventions de la DGCCRF se font à trois niveaux : régional pour le droit commercial et les relations inter-entreprises, départemental pour les problématiques liées à la consommation, et enfin en administration centrale.
Pour ma part, en tant qu’inspecteur au ministère de l’Économie, je suis chargé du secteur de l’ameublement. Ma mission quotidienne consiste à piloter l’activité nationale sur ce secteur, à orienter les inspecteurs, à répondre aux questions juridiques et de procédure, et à gérer les relations entre les fédérations de professionnels. C’est aussi un travail rédactionnel : je rédige des notes pour la direction ainsi que des réponses à questions écrites de parlementaires.”
Quels types de contrôles et de missions menez-vous ?
“Des exemples de missions incluent le contrôle de structures, comme les campings, mais aussi des contrôles dans les commerces physiques et en ligne, notamment s’il y a une suspicion de fraude. Depuis quelques années, nous menons également des actions sur les réseaux sociaux, dans le milieu des influenceurs et du commerce.”
Quelles sont les sanctions ou décisions possibles à la suite d’un contrôle ?
“Les décisions peuvent prendre la forme de sanctions pécuniaires ou administratives, avec une possibilité de recours devant les tribunaux pour le professionnel. Il peut aussi s’agir de sanctions pénales ; dans ce cas, le parquet prend en charge le dossier. Selon le délit, il y a également la possibilité de réaliser une transaction, ce qui évite un passage devant les tribunaux pour le professionnel et permet un gain de temps. Enfin, nous pouvons délivrer un avertissement ou une injonction qui oblige le professionnel à se mettre en règle dans un délai imparti.”
Quel a été votre parcours d’études et comment se déroule l’accès à ce métier ?
“J’ai obtenu une licence de droit privé, puis un Master 1, et enfin un Master 2 en droit privé général spécialité droit pénal. J’ai passé le concours durant mon Master 2.
Pour devenir inspecteur ou contrôleur, il faut réussir ce concours qui comporte deux épreuves d’admissibilité et un oral d’admission comprenant une mise en situation et des questions de déontologie.
Une fois admis, on intègre pour un an l’École nationale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes à Montpellier. L’année comprend des cours théoriques, des interventions de professionnels qui présentent leurs missions, ainsi que des périodes de stages départementaux ou régionaux où l’on peut accompagner les inspecteurs pour mettre en pratique les connaissances.
Durant cette année d’école, on a le statut de fonctionnaire stagiaire et on est rémunéré. Le salaire est le même pour tous pendant le stage ; ce n’est qu’une fois titularisés que des écarts peuvent apparaître afin de compenser le coût de la vie parisienne. Après cette année, la titularisation permet de devenir pleinement fonctionnaire. Les postes sont attribués d’après une liste, selon le classement obtenu en fonction des notes du concours.
Pourquoi avoir choisi ce métier et qu’est-ce qui vous plaît en particulier ?
“Au départ, je connaissais le métier par le biais de reportages, mais cela en donnait une dimension restreinte. C’est en entrant en Master 1, en suivant des cours de droit de la consommation, que j’ai beaucoup aimé cette matière et que je me suis intéressé à la DGCCRF. Le concours correspondait bien à mes études. De plus, c’est une administration très ouverte : des inspecteurs vont par exemple sur les salons étudiants pour parler de leur profession.
Ce qui me plaît, c’est le côté hybride. Je cherchais un métier où l’on n’est pas seulement derrière un bureau. On fait des contrôles sur le terrain et on est en contact avec les professionnels. Il y a aussi la notion de service public et d’intérêt général : on a l’impression que notre action est utile. Par exemple, si l’on contrôle un restaurant qui indique faire du « 100 % maison » alors qu’en réalité il sert du surgelé, notre intervention permet de rétablir l’équilibre et la confiance avec les consommateurs.”
Y a-t-il des points négatifs ou des contraintes ?
“C’est un métier qui demande de l’implication et un certain investissement. S’il y a un bon équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, on ne maîtrise pas toujours ses horaires lors d’un contrôle, car il faut aller jusqu’au bout de la procédure. C’est aussi un métier amené à bouger, et la mobilité géographique est favorisée si l’on souhaite évoluer et faire carrière.”
Quelles sont les perspectives d’évolution professionnelle ?
“Pour évoluer, on peut passer le concours interne d’inspecteur principal, qui est ouvert aux personnes déjà inspecteurs après quelques années d’exercice. Cela permet d’accéder à des fonctions d’encadrement sur plusieurs secteurs et de piloter une équipe. On peut également évoluer grâce à l’ancienneté pour accéder au grade de directeur. Enfin, comme la DGCCRF est rattachée au ministère de l’Économie, il y a aussi la possibilité de s’orienter vers d’autres directions comme celle des douanes ou des finances publiques ».
Avez-vous une anecdote marquante à nous partager ?
“Oui, lors de mon tout premier contrôle pendant ma période de stage. Ce qui marque, c’est le fait que l’on puisse entrer dans les coulisses. En temps normal, quand on va au restaurant, on s’arrête avant la caisse. En tant qu’inspecteur, on peut y aller sans réfléchir, fouiller et voir l’envers du décor.”
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants intéressés par cette voie ?
“Si cette profession les intéresse, je leur conseille de faire un tour sur le site internet de la DGCCRF pour consulter les dossiers et les affaires, comme l’exemple de l’amende contre Shein. Il faut se faire une culture économique. Regarder des reportages est aussi un bon moyen de connaître la matière de manière un peu plus ludique. Enfin, il ne faut pas hésiter à échanger directement avec des inspecteurs.”
Synthèse :
Présentation de la DGCCRF
- Rattachement : La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) est une direction rattachée à Bercy, c’est-à-dire au ministère de l’Économie.
- Missions principales : La protection des entreprises et des consommateurs, ainsi que le maintien de la loyauté entre les consommateurs et les professionnels. Elle intervient dans tous les secteurs d’activités (ex : hôtellerie, textile).
- Niveaux d’intervention : Les actions se structurent à trois échelons : régional (droit commercial et relations inter-entreprises), départemental (problématiques de consommation) et en administration centrale.
Rôle et missions quotidiennes de l’inspecteur
- Fonctions de Monsieur Couturier : Inspecteur en administration centrale au ministère de l’Économie, il est chargé du secteur de l’ameublement. Son quotidien consiste à piloter l’activité nationale de ce secteur, orienter les inspecteurs, répondre aux questions juridiques et de procédure, et gérer les relations entre les fédérations professionnelles.
- Travail rédactionnel : Il rédige des notes à destination des parlementaires, de la directrice générale ou du ministre de l’Économie.
- Types de contrôles : Les missions incluent le contrôle de structures (comme les campings) ainsi que des contrôles dans les commerces physiques et en ligne en cas de suspicion de fraude. Depuis quelques années, la DGCCRF mène aussi des actions sur les réseaux sociaux auprès des influenceurs et du commerce.
- Sanctions et décisions après contrôle : Plusieurs issues sont possibles :
- Avertissement ou injonction de se mettre en règle dans un délai imparti.
- Sanctions administratives ou pécuniaires (avec possibilité de recours devant les tribunaux pour le professionnel).
- Transaction pour certains délits (ce qui évite un passage devant les tribunaux et permet un gain de temps).
- Sanctions pénales transmises au parquet.
Parcours académique, concours et formation
- Études : Titulaire d’une licence de droit privé, d’un Master 1, puis d’un Master 2 en droit privé général avec une spécialité en droit pénal. Il a passé le concours durant son Master 2 après avoir découvert et apprécié le droit de la consommation en Master 1.
- Le concours : L’accès au métier d’inspecteur ou de contrôleur nécessite la réussite d’un concours composé de deux épreuves d’admissibilité et d’un oral d’admission (incluant une mise en situation et des questions de déontologie).
- La formation (École nationale) : Les lauréats intègrent pour une durée d’un an l’École nationale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes à Montpellier. Cette année mêle cours théoriques, interventions de professionnels et stages départementaux ou régionaux.
- Statut et affectation : Pendant l’année d’école, les élèves ont le statut de fonctionnaire stagiaire rémunéré (le salaire dépendant de la tension liée au coût de la vie). La titularisation intervient après cette année. Les postes sont attribués d’après une liste, en fonction du classement obtenu selon les notes du concours.
Réalités du métier : Aspects positifs et négatifs
- Points positifs : Un métier hybride alliant travail de bureau et contrôles sur le terrain au contact des professionnels. L’exercice d’une mission de service public et d’intérêt général qui donne le sentiment d’être utile (ex : rétablir la confiance en contrôlant un restaurant qui prétend cuisiner « 100 % maison » alors qu’il utilise du surgelé). Le statut offre aussi la possibilité d’accéder aux coulisses et à l’envers du décor des structures contrôlées.
- Points négatifs et contraintes : Le métier requiert de l’implication et de l’investissement. Les horaires ne sont pas toujours maîtrisés lors des contrôles car il faut aller au bout de la procédure. De plus, faire carrière implique une certaine mobilité géographique.
Perspectives d’évolution professionnelle
- Concours interne : Accès au grade d’inspecteur principal après quelques années d’exercice, permettant d’occuper des fonctions d’encadrement sur plusieurs secteurs et de piloter une équipe.
- Ancienneté : Évolution possible vers le grade de directeur.
- Mobilité inter-administrations : Le rattachement au ministère de l’Économie permet de s’orienter vers la répression des douanes ou de changer de secteur d’activité.
Conseils aux étudiants
Échanger directement avec des inspecteurs, l’administration étant ouverte et présente notamment sur les salons étudiants.
Consulter le site internet de la DGCCRF pour étudier les dossiers et les affaires en cours (comme l’amende contre l’entreprise Shein).
Se forger une culture économique.
Regarder des reportages pour découvrir la matière de façon ludique.
Témoignages inspirants d’étudiants
Stage de fin d’étude
Mme. Sandrine TCHOUMBE-FANKAM
Juriste en droit des affaires et de la concurrence

Synthèse :
Stratégie de recherche et temporalité
Le succès de la recherche dépend d’une anticipation, même si des opportunités de dernière minute existent.
Le calendrier idéal : Pour les grandes structures (Big Tech, multinationales), il est conseillé de postuler dès janvier pour un début en mai/juin. Pour les cabinets d’avocats, la recherche commence parfois un an à l’avance.
Plateformes clés : Outre LinkedIn (recherche active et posts), l’utilisation de Village de la Justice, HelloWork et Welcome to the Jungle est recommandée.
Le recrutement
Chez Amazon, le processus de sélection se distingue des standards académiques classiques :
Les principes de leadership : L’entretien n’est pas axé sur la technique pure, mais sur l’adéquation avec les valeurs de l’entreprise. Il faut prouver que l’on « colle » à la culture du groupe.
Déroulement : Le parcours de sélection implique des échanges avec les ressources humaines ainsi qu’avec plusieurs membres de l’équipe opérationnelle.
Préparation : Une préparation intensive n’est pas obligatoire, mais elle est conseillée pour se rassurer, surtout si l’on n’a pas passé d’entretien depuis longtemps.
Le quotidien et les missions
L’organisation du travail ne suit pas une division par spécialité juridique traditionnelle, mais s’articule autour des lignes de produits (biens de grande consommation, informatique, etc.).
Le stagiaire intervient sur des recherches juridiques, le traitement des réclamations et le support aux négociations annuelles des contrats fournisseurs.
Un aspect majeur concerne l’implémentation de l’intelligence artificielle au sein des processus de l’entreprise.
Charge de travail : L’environnement est stimulant sans être écrasant. La clé de la réussite réside dans le dialogue constant avec le maître de stage pour ajuster les missions et le rythme.
Intégration et environnement de travail
Le passage du statut d’étudiant à celui de stagiaire est marqué par une phase d’immersion.
L’Onboarding : Une période dédiée à la lecture de contenus internes et de textes de référence pour s’imprégner du fonctionnement complexe de cette « Big Tech ».
Comprendre la culture d’entreprise est aussi important que de maîtriser les dossiers juridiques.
L’après-stage
Le stage est une étape de maturation professionnelle où plusieurs voies sont possibles :
Envisage de s’orienter vers la fonction publique. Il est normal de ne pas trouver un emploi immédiatement. L’après-stage doit être un moment de réflexion pour décider entre la poursuite d’études ou de nouvelles expériences.
Conseils aux étudiants et débouchés
Anticipation : La régularité et l’anticipation des candidatures (dès le début d’année) restent le meilleur moyen de sécuriser des structures de renom.
Etudiant en licence
M. Joe KAMBOU
Étudiant

Synthèse :
Choix de formation et spécialisation
Actuellement en troisième année à l’Université de Cergy, Joe a toujours eu une vocation pour le droit. Son choix s’est porté sur Cergy.
- La formation est pluridisciplinaire au départ (bases de droit civil et constitutionnel) pour se spécialiser progressivement.
- Il se dirige vers le droit public, avec un intérêt marqué pour le droit administratif des biens et les libertés publiques (droits de l’homme).
Organisation et charge de travail
La charge de travail est décrite comme intense mais abordable avec une méthodologie stricte :
- Il est crucial de suivre les cours magistraux (CM) et de les travailler « pendant qu’ils sont encore chauds » pour éviter l’accumulation avant les examens.
- Il est possible de concilier travail et études, à condition de se fixer une limite stricte (maximum 15h par semaine par exemple) pour ne pas sacrifier la réussite académique.
- Joe prône un travail en deux temps : seul pour l’apprentissage et le fichage, puis en groupe pour la révision active et la motivation mutuelle.
Réussite aux examens : La priorité à la méthode
Face aux partiels, la connaissance du cours ne suffit pas :
Beaucoup d’étudiants échouent par manque de méthodologie. Il est impératif de savoir appliquer ses connaissances à des cas pratiques ou des dissertations, et non de simplement réciter.
Majeures vs Mineures : Il faut savoir hiérarchiser son effort, notamment grâce aux TD qui permettent de consolider les matières à fort coefficient.
Qualités requises et vie étudiante
- Discipline et Rigueur : Se fixer un cadre de travail régulier permet d’enlever un poids considérable durant les périodes de stress.
- Persévérance : Il faut savoir accepter que les résultats ne suivent pas toujours immédiatement malgré l’effort.
- Équilibre : Le conseil principal est de conserver une vie sociale et personnelle en dehors de l’université pour tenir sur la durée.
Expériences professionnelles et stages
Pour pallier le côté parfois trop théorique de la licence, Joe a multiplié les immersions :
- Stages territoriaux : Une expérience en structure intercommunale (déclic pour l’administration publique) et un stage en mairie aux côtés d’une Directrice Générale des Services (DGS).
- Bilan : Ces stages sont essentiels pour se professionnaliser avant le Master.
Projet professionnel et mise en garde numérique
Souhaite poursuivre en Master de droit public pour préparer les concours de la Haute Fonction Publique (territoriale ou étatique).
Attention : Lors d’un entretien pour une candidature à un master, la doyenne de l’université a mentionné avoir vu l’étudiant sur TikTok.
Il est crucial de soigner son empreinte numérique. Les recruteurs et professeurs observent les réseaux sociaux, et certaines professions (avocats, fonctionnaires) exigent le respect d’une certaine déontologie dès la phase d’études.
Etudiante en master alternance
Mme. Iris MORVAN
Étudiante

Synthèse :
Parcours Académique et Choix d’Orientation :
- Cursus : Après une Licence européenne et un Erasmus, l’étudiante a intégré un Master IP/IT (Propriété Intellectuelle et Technologies Numériques) à l’Université Catholique.
- Méthode de recherche : Utilisation de la plateforme Mon Master et enquête sur LinkedIn auprès des anciens diplômés pour valider les débouchés.
L’Alternance : Rythme et Réalité du Métier :
- Structure : Occupe un poste d’assistante de DPO (Data Protection Officer) au sein d’une entreprise pharmaceutique.
- Rythme : Une alternance de 2 semaines en entreprise et 1 semaine à l’université, jugée propice à une bonne immersion professionnelle.
- Missions : Un rôle de juriste d’entreprise qui demande de la pédagogie pour traduire des concepts juridiques auprès d’équipes opérationnelles non-juristes.
Charge de Travail et Difficultés :
- La difficulté majeure réside dans l’adaptation constante entre deux univers. Les semaines de cours sont intenses (8h-20h), car animées par des professionnels, tandis que les semaines en entreprise sont plus cadrées (35h).
- Autonomie : La disparition des TD impose une autodiscipline rigoureuse pour réviser le soir après le travail.
- Une réduction drastique du temps libre (plus de vacances étudiantes, moins de vie sociale avec la promotion).
Bilan et Compétences Développées :
Atouts de la formation :
- Financiers : Gratuité des frais de scolarité (pris en charge par l’entreprise) et perception d’un salaire avec avantages (tickets restaurant, aides).
- Professionnels : Acquisition précoce des codes de l’entreprise, gain de confiance en soi et affirmation de la légitimité (notamment lorsque les collègues sollicitent le stagiaire directement).
Projet Professionnel et Conseils :
Aspiration : Devenir juriste d’entreprise spécialisée en protection des données
Conseils aux étudiants :
- Ne pas se décourager face aux nombreux refus lors de la recherche d’alternance.
- Choisir un domaine qui plaît réellement pour tenir le rythme sur le long terme.
- Éviter de se comparer aux autres et se concentrer sur son propre parcours.
Anecdote marquante : Souligne le décalage enrichissant entre la théorie des bancs de l’école et la pratique du terrain, où le juriste devient un véritable partenaire de solutions pour les équipes.
Témoignages sur les concours
Concours de Plaidoirie
Mme. Sandrine TCHOUMBE-FANKAM
Juriste en droit des affaires et de la concurrence

Synthèse :
Nature et format de l’épreuve
Le concours simule une procédure réelle devant l’Autorité de la Concurrence à travers un cas fictif :
- Les rôles : Les étudiants doivent endosser les rôles d’avocat (en défense ou en accusation) et de rapporteur (analyse à charge ou à décharge).
- La phase écrite : À partir d’un dossier fictif de l’autorité, les équipes disposent d’un mois et demi pour produire des conclusions écrites.
- La sélection : Seules les 4 meilleures équipes sont retenues pour la phase finale.
- La phase orale : Les sélectionnés ont de nouveau un mois et demi environ pour préparer une plaidoirie technique et stratégique.
Préparation et sélection de l’équipe
La préparation est un véritable marathon académique qui varie selon les facultés :
- Souvent intensive, elle peut impliquer des réunions quotidiennes pour affiner les arguments.
- Selon les universités, la sélection se fait soit sur dossier/demande, soit via un passage devant un jury de professeurs pour tester l’éloquence des candidats.
- Les équipes sont « coachées » pour identifier les failles de leur argumentation et anticiper les critiques.
Déroulement et structure des épreuves finales
Le concours repose sur un équilibre entre rigueur rédactionnelle et aisance orale :
- Le barème : Le gagnant est désigné par la meilleure moyenne combinant la note de l’écrit et celle de la plaidoirie.
- L’oral : Une séance de 30 à 45 minutes de plaidoirie, suivie d’une heure de questions-réponses.
- La réactivité : Grâce à une préparation, les candidats doivent être capables de répondre du « tac au tac » aux interrogations du jury, malgré un temps de réflexion très court.
Qualités requises et conseils aux candidats
Conseil de l’étudiant : « Foncez ». C’est l’occasion rare de sortir de la théorie pour mettre en pratique les acquis de la formation universitaire dans un cadre quasi-professionnel.
Esprit d’équipe : C’est la qualité fondamentale. Le succès repose sur la collaboration et la capacité à lier les compétences de chacun.
Investissement : C’est une expérience chronophage qui demande un engagement total.
